C’est une petite révolution passée relativement inaperçue : depuis le 1er octobre 2026, l’Assurance maladie rembourse certaines protections menstruelles réutilisables. Une mesure attendue de longue date, mais encadrée par des conditions précises d’âge, de produit et de circuit d’achat. Voici ce qu’il faut savoir pour en bénéficier, et ce que votre complémentaire santé peut prendre en charge en plus.
Plan de l'article
Qui peut en bénéficier ? #
La prise en charge vise deux publics, détaillés sur la fiche dédiée de Service-Public.fr :
Les assurées de moins de 26 ans, d’une part. L’objectif affiché est de lutter contre la précarité menstruelle chez les étudiantes et les jeunes actives, pour qui le coût des protections pèse lourd dans le budget.
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Les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S), d’autre part, et cette fois sans aucune limite d’âge. Pour elles, la prise en charge est intégrale.
Quels produits sont remboursés ? #
Attention, tout ne se rembourse pas. Seules les protections réutilisables sont concernées : les coupes menstruelles et les culottes menstruelles. Les protections jetables, tampons, serviettes à usage unique et protège-slips, restent entièrement à votre charge.
Autre condition importante : le produit doit figurer sur la liste des produits et prestations (LPP) remboursables par l’Assurance maladie, et l’achat doit se faire en pharmacie. Une culotte menstruelle achetée en ligne sur un site de marque ou en grande surface ne donnera droit à aucun remboursement, même si le modèle est identique.
Combien de produits par an ?
Le remboursement est plafonné à deux produits réutilisables par période de douze mois. Cette période démarre à la date de la première délivrance en pharmacie, puis se renouvelle chaque année à la même date. Un rythme cohérent avec la durée de vie de ces produits, conçus pour durer plusieurs années dans le cas de la coupe, et plusieurs dizaines de cycles pour les culottes.
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Quel taux de remboursement ? #
Le cadre a été fixé par un arrêté du 6 août 2026, pour une entrée en vigueur au 1er octobre, comme l’avait relayé la presse professionnelle de santé. Deux régimes coexistent :
Pour les moins de 26 ans, l’Assurance maladie prend en charge 60 % du tarif de référence. Les 40 % restants constituent le ticket modérateur classique.
Pour les bénéficiaires de la C2S, la prise en charge atteint 100 % : rien à avancer au-delà, quel que soit l’âge.
Le rôle de votre mutuelle sur les 40 % restants #
C’est ici que votre complémentaire santé entre en jeu. Les 40 % non couverts par l’Assurance maladie pour les moins de 26 ans relèvent du ticket modérateur, c’est-à-dire exactement le type de dépense que les contrats responsables ont vocation à compléter.
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Concrètement, si votre contrat, ou celui de vos parents si vous êtes rattachée en tant qu’ayant droit, rembourse le ticket modérateur sur les produits de la LPP, la dépense peut être intégralement couverte. Un réflexe simple : vérifier dans votre tableau de garanties la ligne consacrée à l’appareillage et aux produits de la LPP, ou poser directement la question à votre conseiller.
Certaines mutuelles proposaient déjà, avant la réforme, des forfaits de prévention ou de médecine douce utilisables pour les protections réutilisables. Ces forfaits conservent leur intérêt pour les produits hors LPP ou au-delà du plafond de deux produits par an.
Comment procéder en pratique ?
La démarche se veut simple : munissez-vous de votre carte Vitale et rendez-vous en pharmacie. Le pharmacien vérifie l’éligibilité, s’assure que le produit figure bien sur la liste remboursable et applique la prise en charge. Pas d’ordonnance exigée, pas de dossier à envoyer, le tiers payant s’applique dans les conditions habituelles.
Avant de vous déplacer, un appel à votre pharmacie peut vous éviter une visite inutile : toutes ne référencent pas encore les marques inscrites sur la liste, la mesure étant récente.
Une mesure sociale autant que sanitaire #
Au-delà du geste pour le pouvoir d’achat, la mesure a une dimension de santé publique. Les protections réutilisables, souvent plus coûteuses à l’achat que les jetables, restaient inaccessibles pour une partie des jeunes femmes, alors même qu’elles s’avèrent plus économiques sur la durée et génèrent moins de déchets.
En ciblant les moins de 26 ans et les bénéficiaires de la C2S, le dispositif concentre l’effort public sur les publics les plus exposés à la précarité menstruelle. Et pour toutes les autres, la question mérite d’être posée à sa complémentaire : de plus en plus de contrats intègrent désormais ces produits dans leurs forfaits bien-être, sans condition d’âge.




