📋 En bref
- ▸ Les régimes obligatoires des TNS couvrent rarement plus de 40 % du revenu antérieur à la retraite.
- ▸ Le PER individuel est aujourd’hui le pilier moderne : déduction fiscale immédiate + sortie en capital possible.
- ▸ Combiner PER + assurance vie + immobilier reste la stratégie la plus solide.
- ▸ Effort cible : 10 à 15 % du revenu annuel pour préparer sa retraite. Plus tôt on commence, moins on épargne par mois.
- ▸ Sans prévoyance solide, un arrêt long peut anéantir des années d’épargne. C’est le socle à sécuriser en premier.
Pour un travailleur non salarié, la retraite n’a rien d’automatique. Les régimes obligatoires (SSI, CIPAV, CARMF…) versent des pensions souvent très en deçà du dernier revenu d’activité — parfois moitié moins qu’un salarié au même niveau de revenu. Sans stratégie personnelle, le passage à la retraite peut s’apparenter à une vraie chute de niveau de vie. La bonne nouvelle : il existe aujourd’hui des outils efficaces et fiscalement avantageux pour combler cet écart, à condition de les activer suffisamment tôt et dans le bon ordre.
Pourquoi la retraite des TNS est structurellement plus faible #
Le système français de retraite repose sur deux étages : un régime de base obligatoire + un régime complémentaire. Pour les salariés, ces deux niveaux sont copieux. Pour les TNS, c’est nettement plus serré.
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Chaque profession indépendante relève d’une caisse spécifique :
| Caisse | Pour qui |
|---|---|
| SSI | Artisans, commerçants, industriels |
| CIPAV | Professions libérales non réglementées |
| CARMF | Médecins libéraux |
| CARPIMKO | Infirmiers, kinés, orthophonistes |
| CAVEC | Experts-comptables, commissaires aux comptes |
| CNBF | Avocats |
Chaque régime a ses propres règles de cotisation et de calcul, mais le constat est le même partout : aucun ne permet seul d’atteindre un taux de remplacement satisfaisant sur les revenus moyens et supérieurs.
Exemple concret. Un artisan gagnant 60 000 €/an verra sa pension de base plafonner autour de 25 000 à 30 000 €/an, soit une perte de revenus de 50 % minimum. Un libéral à la CIPAV avec le même revenu fait souvent encore moins.
Une ressource complète sur les solutions d’assurance dédiées aux TNS permet d’avoir une vision globale du dispositif avant de construire sa stratégie personnelle.
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Étape 1 — Sécuriser la base : santé et prévoyance #
Avant même de parler retraite, il faut sécuriser le présent. Pourquoi ? Parce qu’un arrêt de travail long (6 mois, 1 an) sans couverture solide peut anéantir 5 ans d’épargne en quelques mois. C’est le socle à mettre en place en priorité.
Voici les briques d’une protection complète pour un TNS :
- Une mutuelle santé adaptée (idéalement contrat responsable + Madelin santé déductible)
- Une prévoyance arrêt de travail avec franchise courte (15 à 30 jours)
- Une garantie invalidité versant une rente complémentaire
- Une assurance décès pour protéger les ayants droit
- Une garantie homme-clé pour les TNS en société
- Une couverture des frais professionnels en cas d’arrêt prolongé
Les cotisations de ces contrats (santé + prévoyance) sont déductibles du bénéfice imposable dans le cadre du dispositif Madelin, ce qui en réduit considérablement le coût net. Pour bien dimensionner ces protections selon votre profession, un comparatif détaillé des mutuelles dédiées aux TNS permet d’optimiser à la fois la couverture et la déductibilité fiscale.
Étape 2 — Le PER individuel, pilier moderne de la retraite TNS #
Depuis la loi Pacte de 2019, le Plan d’Épargne Retraite (PER) a remplacé les anciens contrats Madelin retraite et s’est imposé comme le produit phare pour préparer la retraite, qu’on soit salarié ou indépendant.
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Ce qui rend le PER intéressant pour un TNS
- Déductibilité des versements du bénéfice imposable (jusqu’à 10 % du bénéfice + 15 % sur la fraction au-delà du PASS).
- Sortie en capital intégrale ou partielle à la retraite (l’ancien Madelin l’interdisait).
- Déblocage anticipé possible pour l’achat de la résidence principale.
- Cas de déblocage pour accidents de la vie (invalidité, décès du conjoint, surendettement).
- Fiscalité de transmission favorable avant 70 ans (abattement de 152 500 € par bénéficiaire).
Effet de levier fiscal. Pour un TNS imposé à la tranche marginale de 41 %, chaque euro versé sur un PER ne coûte réellement que 59 centimes après déduction. Sur 20 ans à 8 000 €/an, le capital constitué peut atteindre 250 000 à 350 000 € selon les rendements.
Faut-il garder un ancien contrat Madelin retraite ?
Si vous détenez un Madelin retraite ouvert avant 2020, voici les vraies questions à se poser :
| Garder le Madelin | Transférer vers un PER |
|---|---|
| Vous tenez à la rente viagère garantie | Vous voulez pouvoir sortir en capital |
| Le contrat a déjà bien capitalisé | Vous voulez débloquer pour la résidence principale |
| Frais de transfert élevés (souvent 5 %) | Vous voulez plus de flexibilité à la liquidation |
Le transfert est souvent gagnant pour les contrats récents ou les TNS qui souhaitent récupérer leur capital. Une analyse détaillée des spécificités du contrat Madelin pour les TNS permet de prendre une décision éclairée selon l’antériorité du contrat et le niveau de capitalisation atteint.
Étape 3 — L’assurance vie, le complément liquide #
Le PER, c’est puissant mais verrouillé jusqu’à la retraite. À côté, il faut une poche d’épargne mobilisable à tout moment, qui sert à la fois de réserve de précaution et de complément retraite flexible. C’est le rôle de l’assurance vie.
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Ses 3 atouts dans une stratégie retraite TNS :
- Liquidité totale à tout moment, sans pénalité, avec une fiscalité allégée après 8 ans.
- Abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains après 8 ans.
- Transmission hors succession avec abattement de 152 500 € par bénéficiaire (versements avant 70 ans).
La combinaison gagnante. PER pour bénéficier de la déduction fiscale immédiate + assurance vie pour la liquidité et la transmission. À la retraite, on pioche dans l’un ou l’autre selon l’arbitrage fiscal optimal de l’année.
Étape 4 — L’immobilier locatif, la rente « physique » #
L’immobilier locatif occupe une place historique dans les stratégies de retraite des indépendants — et pour cause : c’est la seule classe d’actifs qu’on peut acheter à crédit, ce qui démultiplie le pouvoir d’achat patrimonial pendant la vie active.
Plusieurs leviers s’offrent à vous :
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- Location nue ou meublée en direct (LMNP particulièrement intéressant fiscalement)
- SCPI pour mutualiser le risque sans gestion locative
- Achat en démembrement pour récupérer la pleine propriété pile à la retraite
- SCI familiales pour optimiser la transmission
- Dispositifs fiscaux (Pinel résiduel, Denormandie, Loc’Avantages)
Exemple concret. Un appartement à 200 000 € financé à 80 % sur 20 ans, payé en grande partie par les loyers, génère à la retraite (une fois le crédit remboursé) un complément net de 800 à 1 200 €/mois. Sur 2 ou 3 biens, ça change la donne.
Tableau récapitulatif : quelle solution pour quel profil ? #
| Solution | Avantage fiscal à l’entrée | Liquidité avant retraite | Idéal pour |
|---|---|---|---|
| PER individuel | Déduction du revenu | Limitée | TNS à TMI 30 % ou plus |
| Madelin retraite | Déduction du revenu | Très limitée | Contrats antérieurs à 2020 |
| Assurance vie | Aucun | Totale après 8 ans | Liquidité + transmission |
| Immobilier direct | Selon dispositif | Selon le bien | Effet de levier crédit |
| SCPI | Variable | Modérée | Diversification immobilière passive |
| Compte-titres / PEA | Aucun (PEA après 5 ans) | Totale | Investisseurs avertis |
Cas du TNS en société : arbitrer entre épargne perso et trésorerie d’entreprise #
Pour un TNS exerçant en SASU, EURL ou SARL, une question stratégique se pose en plus : faut-il sortir la trésorerie vers une épargne personnelle ou la capitaliser dans l’entreprise ?
La stratégie souvent gagnante :
- Se verser un salaire couvrant les besoins courants.
- Alimenter un PER personnel pour la déduction fiscale.
- Capitaliser le surplus dans la société (compte courant d’associé, contrat de capitalisation au nom de la société).
- Redistribuer en dividendes au moment de la cession ou en complément à la retraite.
Cette approche nécessite un accompagnement comptable et patrimonial solide pour ne pas se tromper d’optimisation — chaque cas est différent selon le taux d’IS, la TMI personnelle et l’horizon de cession.
Quelle part de ses revenus consacrer à la retraite ? #
La recommandation des experts patrimoniaux : 10 à 15 % du revenu annuel, en cumulant l’ensemble des solutions (PER + assurance vie + immobilier + autres). Cette proportion peut monter à 20 % pour :
- Les TNS ayant démarré tardivement leur capitalisation (après 45 ans)
- Les revenus élevés voulant maintenir un train de vie confortable
- Les professions à forte saisonnalité (anticiper les années creuses)
L’effet boule de neige. 200 €/mois pendant 30 ans à 4 % de rendement = 138 000 €. La même somme sur 10 ans = seulement 29 000 €. Commencer tôt, même petit, change radicalement la trajectoire.
Ce qu’il faut retenir #
- La retraite obligatoire des TNS couvre rarement plus de 40 à 50 % du revenu antérieur.
- Le PER individuel est aujourd’hui le produit phare, surtout pour les TMI ≥ 30 %.
- Les anciens Madelin peuvent souvent être transférés vers un PER pour gagner en flexibilité.
- L’assurance vie complète le PER en apportant liquidité et fiscalité douce à la sortie.
- L’immobilier financé à crédit reste l’une des stratégies les plus solides sur 20-30 ans.
- Avant l’épargne retraite, sécurisez la prévoyance et la santé — c’est le socle.
- Mieux vaut combiner 3 solutions complémentaires qu’en miser une seule.
FAQ #
À quel âge commencer à préparer sa retraite TNS ?
Le plus tôt possible — idéalement dès la première année d’activité, même avec 50 ou 100 €/mois. La capitalisation sur le long terme change radicalement le capital final grâce à l’effet boule de neige des intérêts composés.
Le PER est-il toujours plus avantageux que l’ancien Madelin ?
Le PER offre une flexibilité supérieure grâce à la sortie en capital possible, et permet le déblocage anticipé pour la résidence principale. Le Madelin reste pertinent uniquement pour les TNS qui souhaitent absolument percevoir une rente viagère et qui ont déjà beaucoup capitalisé.
Comment se calcule la rente viagère d’un contrat retraite TNS ?
Le capital accumulé est multiplié par un taux de conversion qui dépend de l’âge à la liquidation et de l’espérance de vie. Exemple : 4 % sur 200 000 € = 8 000 €/an, soit environ 667 €/mois bruts, imposables au titre des pensions.
Peut-on cumuler plusieurs PER ?
Oui, et c’est même souvent recommandé pour diversifier les supports d’investissement et comparer les performances. Les plafonds de déduction s’apprécient au niveau global, tous PER confondus.
Que devient le PER en cas de décès avant la retraite ?
Avant 70 ans : capital transmis aux bénéficiaires avec abattement de 152 500 €/bénéficiaire, puis taxation à 20 % jusqu’à 700 000 € et 31,25 % au-delà. Après 70 ans : abattement global de 30 500 € tous bénéficiaires confondus, moins favorable. À anticiper dans la clause bénéficiaire.
Quelle différence entre PER et assurance vie pour la retraite ?
Le PER apporte une déduction fiscale à l’entrée mais bloque les fonds jusqu’à la retraite. L’assurance vie ne déduit rien à l’entrée mais reste totalement liquide et offre une fiscalité douce après 8 ans. Les deux sont complémentaires, pas concurrents.
Pour aller plus loin sur la construction de votre socle santé et prévoyance, retrouvez nos guides dédiés aux solutions de couverture des indépendants.
Plan de l'article
- Pourquoi la retraite des TNS est structurellement plus faible
- Étape 1 — Sécuriser la base : santé et prévoyance
- Étape 2 — Le PER individuel, pilier moderne de la retraite TNS
- Étape 3 — L’assurance vie, le complément liquide
- Étape 4 — L’immobilier locatif, la rente « physique »
- Tableau récapitulatif : quelle solution pour quel profil ?
- Cas du TNS en société : arbitrer entre épargne perso et trésorerie d’entreprise
- Quelle part de ses revenus consacrer à la retraite ?
- Ce qu’il faut retenir
- FAQ