Les mutuelles communales continuent de gagner du terrain. Cette semaine, Saint-Dizier a publié le premier bilan chiffré de son dispositif, Mazamet a annoncé le lancement du sien et Trets a détaillé la méthode qu’elle suivra pour choisir son partenaire. Trois villes, trois étapes différentes, et une même question pour les habitants : une offre négociée par la mairie est-elle vraiment plus intéressante qu’un contrat choisi seul ?
Plan de l'article
Saint-Dizier : 478 adhérents en un peu plus d’un an #
La Ville de Saint-Dizier a publié le 26 octobre un premier bilan de sa mutuelle communale. Le dispositif a été lancé en août 2025 avec le centre communal d’action sociale (CCAS) et la Mutuelle Just. Il compte aujourd’hui 478 adhérents.
Le chiffre le plus parlant concerne le public touché : 26 % de ces adhérents n’avaient aucune complémentaire santé avant de s’inscrire. C’est précisément la cible de ce type d’offre. Il s’agit de personnes qui, faute de contrat d’entreprise ou par crainte du coût, renonçaient à se couvrir.
À lire Mutuelle santé : le grand écart des prix selon l’âge et le département
La commune précise aussi que 151 adhérents ont choisi le niveau 3 de garanties, la formule la plus souscrite. Le contrat rembourse en outre 22 activités sportives, un volet prévention que la mairie met en avant. L’offre est ouverte sans limite d’âge, sans questionnaire médical et sans délai de carence.
Qui peut adhérer ?
À Saint-Dizier, la mutuelle communale est accessible aux habitants de la ville. Elle est aussi ouverte aux personnes qui y travaillent sans bénéficier d’une complémentaire santé d’entreprise obligatoire. Des permanences sur place permettent de rencontrer un conseiller, de comparer les niveaux de garanties et d’obtenir un devis.
Mazamet : des adhésions possibles avant la fin de l’année #
Dans le Tarn, la municipalité de Mazamet a présenté sa propre mutuelle communale, comme le rapporte La Dépêche du Midi le 26 octobre. La mesure, portée par les conseillers municipaux Christelle Tournaire et David Sénégats, figure parmi les engagements phares du nouveau mandat.
La ville vise d’abord les publics souvent moins bien couverts : les retraités, les demandeurs d’emploi et les travailleurs indépendants. L’adhésion reste facultative, sans condition de ressources ni questionnaire médical. La mairie a retenu une mutuelle locale, le Refuge Mutualiste, dont deux représentants assureront les permanences.
À lire Mutuelle santé : des hausses de 4 à 10 % attendues en 2027, comment limiter votre cotisation
Le calendrier d’information est fixé. Deux réunions publiques se tiendront au Palais des Congrès les lundis 16 et 23 novembre, puis des permanences les 23 et 30 novembre. Selon le quotidien, les premières adhésions pourront être souscrites avant la fin de 2026.
Trets : le choix du partenaire en cours #
À Trets, dans les Bouches-du-Rhône, le projet est moins avancé mais plus détaillé sur la méthode. La page officielle de la commune explique que la mairie a lancé un appel à candidatures pour négocier un prix de groupe avec une mutuelle.
Trois critères guideront le choix. Le premier est le rapport entre garanties et tarifs, en particulier pour le dentaire, l’optique et l’audition, le reste à charge et les délais de remboursement. Le deuxième est l’accompagnement de proximité, avec permanences et conseil personnalisé. Le troisième est l’ensemble des moyens humains et matériels consacrés au suivi du dispositif.
La commune insiste sur un point : les personnes déjà couvertes verront leur contrat actuel pris en compte lors de l’étude de leur dossier. Le partenaire, les garanties et les tarifs seront connus à l’issue de la sélection, et une réunion publique de lancement est prévue début 2027.
À lire Mutuelle santé : comment se calcule le prix de votre cotisation
Ce qu’une mutuelle communale change, et ce qu’elle ne change pas #
Le principe est le même partout. La commune ne devient pas assureur : elle négocie une offre groupée et relaie l’information. L’organisme partenaire gère seul les contrats, les cotisations et les remboursements. Le poids du nombre doit permettre d’obtenir des conditions plus favorables qu’un contrat individuel classique, surtout pour les seniors dont les cotisations grimpent avec l’âge.
Pour autant, l’adhésion ne fait pas tout. Une offre communale n’est pas automatiquement moins chère qu’un contrat déjà en place, et chaque formule a ses propres plafonds de remboursement. Avant de changer, mieux vaut comparer poste par poste, notamment sur les soins dentaires, les lunettes et les aides auditives, là où le reste à charge pèse le plus.
Les bons réflexes avant de signer
Premier réflexe : vérifier si l’on a droit à la complémentaire santé solidaire, gratuite ou à faible coût selon les ressources, qui peut être plus avantageuse qu’une mutuelle communale. Deuxième réflexe : se rendre aux permanences avec son contrat actuel et ses dernières dépenses de santé, pour comparer sur des cas réels plutôt que sur des grilles.
Le premier bilan de Saint-Dizier montre en tout cas que ces dispositifs touchent leur cible. Plus d’un adhérent sur quatre n’avait aucune couverture auparavant, et pour ces foyers-là, le changement est réel.
À lire Mutuelle senior : comment lire une cotisation sans se fier à un prix affiché




