Polyarthrite, Crohn, eczéma : cinq traitements peuvent désormais être prescrits en ville

Pour les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde, de maladie de Crohn ou d’eczéma sévère et traitées par certains médicaments récents, le parcours de soins devient plus simple. Depuis le 22 octobre, cinq traitements de la famille des inhibiteurs de Janus kinase (JAK) ne nécessitent plus de passage obligé à l’hôpital pour la première prescription et le suivi annuel. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) l’a annoncé le jour même. Voici ce qui change pour les patients et ce qu’il faut vérifier côté complémentaire santé.

Quels médicaments sont concernés ? #

La mesure vise cinq médicaments, tous des inhibiteurs de JAK, qui agissent sur l’inflammation chronique. Les voici sous leur nom commercial, avec leur molécule :

Xeljanz (tofacitinib), Olumiant (baricitinib), Rinvoq (upadacitinib), Jyseleca (filgotinib) et Cibinqo (abrocitinib).

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Ils sont prescrits dans plusieurs maladies inflammatoires chroniques. En rhumatologie : polyarthrite rhumatoïde, rhumatisme psoriasique, spondylarthrite ankylosante et arthrite juvénile idiopathique polyarticulaire. En gastro-entérologie : rectocolite hémorragique et maladie de Crohn. En dermatologie : dermatite atopique et pelade. Enfin, l’artérite à cellules géantes, une inflammation des vaisseaux.

Ce qui change concrètement #

Jusqu’ici, la première prescription et le renouvellement annuel de ces traitements devaient obligatoirement être faits à l’hôpital.

Désormais, les mêmes spécialistes peuvent commencer et renouveler le traitement, qu’ils exercent à l’hôpital ou en cabinet. Sont concernés les rhumatologues, les dermatologues, les hépato-gastro-entérologues, les médecins internistes, les allergologues et les pédiatres.

Comme le résume Selectra dans un article du 2 novembre, un patient déjà suivi à l’hôpital peut y rester s’il le souhaite. Il peut aussi confier les renouvellements à un spécialiste de ville. L’ordonnance reste établie par le médecin qui suit le traitement.

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Pourquoi l’ANSM assouplit les règles #

L’ANSM explique avoir réévalué ces conditions de prescription avec les conseils nationaux professionnels des spécialités concernées et des associations de patients. Elle s’appuie sur les données de sécurité accumulées et sur les mesures de réduction des risques déjà en place. L’objectif affiché est de faciliter le parcours de soins sans réduire la sécurité des patients.

Pour de nombreux malades, le rendez-vous annuel à l’hôpital signifiait des délais d’attente, des déplacements parfois longs et une journée de travail perdue. Pouvoir faire le point chez son spécialiste habituel peut changer le quotidien, surtout pour les patients qui vivent loin d’un centre hospitalier.

Des précautions qui restent les mêmes #

Cet assouplissement ne change rien à la surveillance de ces médicaments. L’ANSM rappelle qu’ils peuvent provoquer des effets indésirables graves : événements cardiovasculaires majeurs, infections graves, perforations intestinales et cancers. Ils font l’objet d’une surveillance renforcée, en France et en Europe, depuis 2017.

Depuis une réévaluation européenne conduite en 2023, un encadré d’avertissement précise que ces traitements ne doivent être utilisés qu’en l’absence d’alternative adaptée chez certains patients. Sont concernés les personnes de 65 ans et plus, celles qui ont une maladie cardiovasculaire ou des facteurs de risque cardiovasculaire (comme un tabagisme actuel ou ancien de longue durée), et celles qui ont ou ont eu un cancer.

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Le médecin dispose d’une brochure sur les risques, et le patient reçoit une carte qui résume les informations de sécurité et la conduite à tenir en cas d’urgence. Si vous suivez l’un de ces traitements, gardez cette carte sur vous et présentez-la à tout soignant.

Et côté remboursement ? #

Le changement ne modifie pas la prise en charge des médicaments eux-mêmes. Ce qui peut évoluer, c’est le coût des consultations. Un suivi à l’hôpital dans le cadre public n’a pas le même coût qu’une consultation chez un spécialiste libéral, qui peut pratiquer des dépassements d’honoraires s’il exerce en secteur 2.

Avant de transférer votre suivi en ville, renseignez-vous sur le secteur de conventionnement du spécialiste. Vérifiez aussi la ligne « consultations de spécialistes » de votre tableau de garanties : selon votre contrat, les dépassements sont pris en charge en tout ou partie, ou pas du tout. Si vous êtes en affection de longue durée (ALD), le ticket modérateur est pris en charge, mais pas les dépassements d’honoraires.

En pratique, parlez-en à votre médecin lors de votre prochain rendez-vous. Le choix entre suivi hospitalier et suivi en ville se fait au cas par cas, selon votre maladie, votre traitement et l’organisation qui vous convient le mieux.

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